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Plans de filière : les interprofessions doivent avoir plus d’ambition

Lors de son intervention à Rungis le 11 octobre dernier, en clôture du chantier 1 des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA), le Président de la République a demandé que les acteurs des filières agricoles et alimentaires présentent des « plans de filière » pour le 10 décembre 2017. A mi-parcours des travaux, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs souhaitent réaffirmer les attentes fortes des agriculteurs dans ces plans de filière.

Le Gouvernement a souhaité que ces plans soient ambitieux en termes d’objectifs sur la quadruple performance économique, environnementale, sociale et sanitaire, et il a confié aux interprofessions le soin de les élaborer.

Les producteurs s’engagent pleinement dans la segmentation des marchés pour mieux répondre aux différentes attentes des consommateurs et des citoyens, au marché de la restauration hors foyer, et aussi à la demande internationale. Cette amélioration de l’offre alimentaire, souhaitée par tous, doit bien évidemment s’accompagner de création de valeur et d’une meilleure répartition de celle-ci entre les acteurs de la chaîne alimentaire, conformément aux conclusions du chantier 1 des EGA et à la « Charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises » signée par 18 organisations ou entreprises, le 14 novembre. Nous attendons donc que l’ensemble des acteurs prenne ses responsabilités pour aller dans le même sens.

Cependant, JA, FNSEA et ses associations spécialisées constatent à ce stade un manque de volonté manifeste de certains acteurs de l’aval, dans certaines filières, d’avancer sur la partie économique : répartition de la valeur, gestion de la volatilité des prix, investissements dans l’amont. Les réseaux JA et FNSEA attendent beaucoup de ces plans de filière qui doivent définir une vision stratégique ambitieuse, réaliste et lisible. Les interprofessions doivent prouver qu’elles sont capables de fixer un cap pour structurer leur filière, qu’elles sont à la hauteur des enjeux.

Les agriculteurs veulent bien prendre leurs responsabilités mais ils ne se contenteront pas de « coquilles vides », de déclarations d’intentions, de guides de bonnes pratiques, ni même de « groupes de travail » sur la contractualisation.

Etats généraux de l’alimentation : une étape franchie dans l’engagement des acteurs

Le 14 novembre, l’ensemble des acteurs de la production, de la coopération, de l’industrie et la distribution ont signé la charte d’engagement des Etats généraux de l’alimentation. Jeunes Agriculteurs souhaite que cet engagement politique se traduise dans les faits lors des prochains débats législatifs et des négociations commerciales en cours

Jeunes Agriculteurs se félicite que la  Charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières, ait enfin été signée par l’ensemble des acteurs. Nous avions appelé cette signature de nos vœux, dans l’esprit de construction qui nous a animés depuis le début des débats.
Celle-ci marque une étape dans la volonté d’atteindre l’objectif commun des Etats généraux : permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier. Il reste désormais d’autres étapes à franchir : la remise par les interprofessions, d’ici le 10 décembre, des plans de filières, et le projet de loi en 2018 qui devra apporter certaines précisions.

En signant, les acteurs se sont engagés à promouvoir une contractualisation fondée sur les prix à partir de l’amont, prenant en compte les coûts de production agricole et à assurer la répercussion à chaque maillon de la filière de la fluctuation des prix, dans un esprit de loyauté, de transparence et de respect mutuel. Nous veillerons à ce que ces engagements, à commencer par les lois existantes telles que Sapin 2, soient respectés lors des négociations commerciales qui ont débuté le 1er novembre et qui s’achèveront en février.

Si les professionnels des filières se sont accordés sur cette charte, il est aussi indispensable que l’Etat montre sa volonté d’agir sur l’ensemble des sujets qui touchent l’agriculture, sans tergiverser.

Selon Jérémy Decerle, président Jeunes Agriculteurs, « ce signal politique doit conduire à un résultat économique : nous ne serons pleinement satisfaits que quand les agriculteurs verront l’argent revenir dans les cours de ferme et que le métier offrira de solides perspectives aux jeunes.»

Charte d’engagement des Etats Généraux de l’Alimentation : quand est-ce qu’on signe ?

En clôture du premier chantier des EGA, plusieurs étapes avaient été annoncées pour améliorer le partage et la création de valeur, parmi lesquelles une loi début 2018 et d’ici là une charte d’engagement des acteurs à respecter l’esprit de la loi. La charte n’est toujours pas signée, il est temps que chacun prenne ses responsabilités !

La « charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises » mise sur la table par le ministre en est à sa 27e version et certains acteurs rechignent toujours à la signer. Pourtant, ce document de nature politique reprend les principales conclusions des ateliers, sur lesquelles tous ou presque étaient d’accord ! Jeunes Agriculteurs, dans un esprit de construction, s’engage à ratifier cette charte et appelle les autres acteurs à faire de même, dans un sursaut de responsabilité !

D’ici la mise en place de la future loi, il est essentiel que les acteurs montrent leur volonté à s’engager pour une meilleure répartition de la valeur lors des négociations commerciales 2018 qui ont débuté depuis le 1er novembre. La construction du prix à partir des coûts de production doit prendre effet le plus rapidement possible. Le gouvernement devra ensuite détailler les dispositions opérationnelles de la loi mais la signature de la charte ne doit pas être conditionnée à ces précisions.

Les plans de filières, que les interprofessions remettront au ministre d’ici le 10 décembre, doivent être construits de façon responsable et en gardant à l’esprit l’objectif de stratégies de filière efficaces, permettant une juste répartition de la valeur tout au long de la chaîne.

Les cours de ferme ont cruellement besoin de trésorerie et en particulier les jeunes en activité depuis peu. Selon Jérémy Decerle, « Si le politique a pris des engagements que nous veillerons à faire appliquer, c’est maintenant aux acteurs économiques de jouer le jeu pour que les agriculteurs puissent vivre de leur métier. Je les appelle à un sursaut collectif. » Le « nouveau paradigme » pour l’agriculture française se décide maintenant !

Etats Généraux de l’Alimentation : obligation de résultat !

Jeunes Agriculteurs et la FNSEA participent activement et de façon constructive à l’ensemble des ateliers sur la répartition et la création de la valeur qui se réunissent depuis le 29 août dans le cadre du chantier 1 des Etats Généraux de l’Alimentation.

Dans la dernière ligne droite des discussions, Jeunes agriculteurs et la FNSEA en appellent à la vigilance du Président de la République et du gouvernement : il n’est plus temps de tergiverser !

Le prix des produits ne peut pas être remises, rabais et ristournes ; il doit être respect, revenu et reconnaissance. Les Etats Généraux de l’Alimentation doivent dégager les moyens pour rémunérer les producteurs à des prix justes : stopper la guerre des prix suicidaire en relevant le seuil de revente à perte et inverser la logique de construction du prix pour que les agriculteurs ne soient plus la variable d’ajustement permanente de négociations commerciales auxquelles ils ne participent pas.

Pour cela, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA ont formulé des propositions concrètes :
Réformer le droit de la concurrence pour renforcer le regroupement des producteurs et les stratégies de filière des interprofessions ;
– Améliorer le dispositif de la contractualisation en imposant la prise en compte des prix de revient ;
– Rendre réellement opérationnelle la clause de renégociation pour répercuter les fluctuations des matières premières tout au long de la chaîne ;
– Interdire les prix abusivement bas ;
– Encadrer les promotions, qu’elles soient le fait du distributeur ou de l’industriel ;
– Etendre l’obligation de transparence sur l’origine à l’ensemble des produits ;
– Renforcer l’approvisionnement local en restauration hors domicile ;
Consolider les débouchés à l’exportation et encourager la production de biomasse.

Nous n’attendons pas tout des Etats Généraux de l’Alimentation mais nous sommes en droit d’en attendre beaucoup. Dans nos exploitations, nous nous battons chaque jour pour nourrir nos concitoyens. Aujourd’hui, l’heure est à se battre pour soutenir le monde agricole afin qu’il puisse continuer sa mission.