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JA03 et la FNSEA03 appellent à la mobilisation mardi 26 janvier 2016

Depuis plusieurs mois, les filières d’élevage sont en crise. Les centaines d’actions syndicales menées cet été avec pour point d’orgue, les mobilisations à Paris et Bruxelles les 3 et 7 septembre dernier n’ont apparemment pas suffit à faire comprendre l’ampleur de la crise. Les JA et la FNSEA demandaient des mesures pour faire face à l’urgence, mais surtout des mesures structurelles afin de réorganiser les filières, et ainsi répartir de façon plus juste la valeur ajoutée.

Le gouvernement a répondu à cette détresse par un Plan de soutien à l’Elevage Français. Encore une fois, ce n’était que des effets d’annonces. Le plan n’a pas les effets escomptés et les aides perçues sont dérisoires face aux pertes auxquelles doivent faire face les exploitations agricoles. De plus, ce plan vient en aide à un minimum d’agriculteurs alors que tous sont en difficulté à l’heure actuelle, toutes productions confondues.

Pour la filière viande bovine, la situation c’est encore dégradée : les cours diminuent toujours pendant que les charges ne cessent d’augmenter. Aujourd’hui de nombreuses exploitations sont en danger et la situation n’est plus tenable.

Face au désarroi des agriculteurs, la FNSEA03 et les JA03 organisent une manifestation demain, mardi 26 janvier 2016. La mobilisation aura lieu au rond-point de l’Europe à Montmarault où des barrages filtrants seront mis en place à partir de 14h30.

flyer manif 26-01-2016

Le commissaire européen à l’agriculture sait-il ce qu’être agriculteur ?

Communiqué JA Nat’

« Je ne crois pas que les agriculteurs produisent pour un prix inférieur à leurs coûts de production, ils le disent, mais jusqu’ici ils continuent à produire. Or, dans n’importe quelle entreprise, si vous avez un coût supérieur à votre prix de vente sur une longue période, cela crée des difficultés pour le business »[1]. Voilà ce qu’a déclaré Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture la semaine dernière dans une interview. Incroyable. Une chose est sure : cette réflexion n’a pas dû coûter très cher à produire.

Monsieur Hogan a-t-il déjà mis les pieds sur une exploitation agricole ? Sait-il qu’avant de vendre une brique de lait, il a fallu traire des vaches ? Est-il au courant que les agriculteurs empruntent de l’argent pour mener à bien leur activité et que, par conséquent, ils doivent rembourser leurs prêts et leurs fournisseurs ? Le métier d’agriculteur est plus qu’un métier, c’est un projet de vie qu’on n’abandonne pas du jour au lendemain selon les aléas du marché. Une vache laitière n’est pas un robinet que l’on ferme ou que l’on ouvre quand on le souhaite. Un élevage ne s’arrête pas de fonctionner quand les prix sont bas.

Oui Monsieur Hogan, il arrive que des agriculteurs produisent pour un prix inférieur à leurs coûts de production et s’ils continuent à produire c’est parce qu’ils sont responsables de notre sécurité alimentaire, parce qu’ils doivent aussi rembourser leurs dettes et parce qu’ils sont plus que de simples producteurs de matières premières en faisant vivre l’économie des territoires ruraux.

Et oui Monsieur Hogan, avoir un coût de production supérieur à son prix de vente, cela crée des difficultés pour le business ! Cela créé aussi des difficultés pour les femmes et les hommes qui travaillent tous les jours sur leurs exploitations, cela crée des drames sociaux monsieur le commissaire. Le message que les agriculteurs européens ont envoyé le 7 septembre à Bruxelles ne semble pas être arrivé jusqu’à vos oreilles, mais c’était le message d’agriculteurs en difficulté qui voulaient continuer leur métier.

En ce qui nous concerne, nous avons des idées et des propositions. Si le commissaire souhaite s’en inspirer, qu’il profite de sa semaine en France pour venir visiter une exploitation, discuter avec des agriculteurs et regarder leurs chiffres.  Nous l’accueillerons avec plaisir et nous pourrons même lui prêter des bottes.

Le Préfet de l’Allier en visite sur l’exploitation d’un JA

Mardi 22 septembre, Arnaud Cochet Préfet de l’Allier c’est rendu sur l’exploitation de Jérémy Leroy SG JA03 à Montaiguët-en-Forez.

Cette visite fait suite à une invitation lancée récemment par JA03. Après toutes les manifestations que nous avons organisées cet été et celles auxquelles nous avons participé, notamment Paris le 3 septembre dernier, nous avions encore l’impression que l’État ne réalisait pas à quel point la situation des trésoreries est critique dans les exploitations.

Il y a déjà un an, lors de la nomination du Préfet dans l’Allier, nous lui lancions un signal d’alarme : 2015 s’annonçait compliqué. Comme chacun sait, depuis se sont ajouté à cette crise la sécheresse et la FCO.

Concernant la FCO, le Préfet à annoncé que 2,2 millions de doses de vaccin allaient être disponibles pour les animaux destinés à l’export, alors que le Ministre de l’Agriculture parlait 1,3 million. Mais nous ne savons pas encore quand est-ce que ceux-ci seront disponibles pour effectuer les premières vaccinations.

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Jérémy Leroy estime que cette crise FCO devrait coûter environ 400€ par broutard, entre le coût de l’aliment et la baisse des cours qui sera entraînée par l’abondance de bêtes sur le marché lorsque la situation se débloquera.

Concernant maintenant la sécheresse, la 2ème tournée calamité a eu lieu vendredi dernier, le 18 septembre. A l’issue de notre rencontre, le Préfet a signé le dossier de demande de reconnaissance du département en Calamité agricole réalisé par la DDT. Suite aux visites et aux expertises, les pertes fourragères ont été quantifiées à 36%.

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De cette rencontre, nous attendons surtout que le Préfet fasse remonter l’urgence de la situation sur le terrain au Ministre de l’Agriculture. Que toutes les mesures d’aide annoncées le 3 septembre, dites « d’urgence » soient mises en place rapidement. Que la FCO soit aussi mieux gérée, car nous avons une impression de flou. Si l’on ne peu plus agir sur les prix, que l’Etat agisse au moins sur les charges qui écrasent les agriculteurs. Nous avons également rappelé que les premiers versements PAC de décembre sont très attendus, et que des retards seraient intolérables.