Interview de cedric fournier, installé depuis le 1er janvier 2019

Tu es installé depuis le 1er janvier. Présente-nous ton exploitation

J’ai rejoint le GAEC familial qui était composé de mon père et de mon oncle, avec 100 vaches Charolaises sur 220 hectares. Avec mon installation, j’ai ajouté 30 hectares et nous sommes passé à 150 vaches. Une centaine d’hectares est dédiée aux cultures, essentiellement pour nourrir les animaux.

Dans mon projet d’installation il y a aussi la mise en place de l’irrigation qui permettra, je l’espère, d’assurer de bonnes récoltes pour les années futures. Toujours dans l’optique de nourrir les bêtes.

Quelle est ton expérience avant installation ?

J’ai fait un bac techno STAV au lycée de Chervé dans la Loire. Ensuite j’ai fait un BTS ACSE en alternance au lycée de Ressins, toujours dans la Loire. J’étais en contrat de professionnalisation sur une ferme en polyculture élevage voisine de celle de mes parents mais sur le département de la Saône-et-Loire.

En 2013, j’ai eu mon BTS. J’ai ensuite été embauché en groupement d’employeurs. 2 jours sur la ferme familiale et 3 jours sur la ferme où j’ai fait mon alternance. J’ai été salarié jusqu’à fin 2018, juste avant mon installation.

Pourquoi avoir choisi de t’installer ?

J’ai toujours voulu être agriculteur. L’installation c’est l’aboutissement d’un rêve d’enfant, comme pour beaucoup de mes collègues. Après c’est sûr qu’il y a des moments de doutes mais c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Je n’ai jamais envisagé d’autres voies.

Est-ce que ça a été compliqué de prendre tes marques en tant que nouvel associé au sein du GAEC familial ?

Le fait d’avoir été salarié sur l’exploitation familiale avant de m’installer m’a permis de voir si ça allait pouvoir marcher ou pas. C’est sûr que ce n’est pas le même statut d’être salarié qu’associé, mais ça m’a permis de bien connaître la structure. Vu que mon installation était prévue, j’étais déjà associé à la prise de décisions.

Maintenant que je suis installé j’ai plus de responsabilités, je n’ai pas eu de soucis pour trouver ma place dans le GAEC familial. 

Quel est ton ressenti vis-à-vis du dispositif d’accompagnement à l’installation ?

Déjà, on ne va pas se le cacher, ça permet de toucher la DJA (dotation jeunes agriculteurs) qui a été bien revalorisée. Mais c’est intéressant aussi au niveau des formations qui sont proposées dans le parcours. J’ai fait deux formations alimentation : une sur les bases de l’alimentation des ruminants vu qu’on est en bovins et une sur le pâturage tournant. Il y a en a aussi eu sur le foncier, sur la PAC, sur la vie en société et sur l’organisation du travail. Ce sont des formations auxquelles je n’aurais pas participé de moi-même mais ça n’apporte que du plus.

C’est vrai qu’il y en a toujours pour critiquer, dire que c’est trop long, etc. Mais franchement si quelqu’un trouve que ça ne sert à rien, il faut peut-être qu’il se remette en question parce que globalement c’est quand même très enrichissant.

Combien de temps pour concrétiser ton projet ?

Mon projet été déjà bien réfléchit. J’ai eu rendez-vous au PAI (point accueil installation) au mois de janvier 2018. J’ai ensuite réalisé toutes mes formations assez rapidement, en mars pendant mes congés. Après j’ai pu me consacrer au montage de mon PE (plan d’entreprise) avec mon comptable, puis à la recherche des banques pour trouver les financements nécessaires. Mon dossier est passé en CDOA au mois d’octobre et je me suis installé officiellement au 1er janvier.

Je suis resté salarié tout le temps du parcours, mais c’est vrai que j’avais des facilités vu que c’était sur la ferme familiale. Et mes autres patrons étaient compréhensifs aussi vu qu’ils savaient dès le départ que j’avais pour projet de m’installer. J’avais des jours de congés d’avance j’ai pu les poser quand j’en avais besoin.

Un an ça peut paraître long vu que mon projet été déjà muri. C’est vrai que j’aurai m’installer plus rapidement mais j’ai voulu prendre le temps de faire les choses les unes après les autres et il faut prévoir large au cas où il y ai des retards administratifs.

Quand j’ai fait mon 21h, je n’avais pas encore réalisé mon PE. J’y suis allé avec mes premiers chiffres et ça m’a permis ensuite d’ajuster avec mon comptable lors de l’élaboration de mon PE. Je l’ai modifié plusieurs fois par la suite pour arriver à celui qui me semblait être le meilleur.

Quels conseils donnerai-tu à un jeune qui souhaite s’installer ?

Il faut y aller ! Il faut bien réfléchir à son projet. Moi à la base je voulais m’installer au 1er janvier 2018. Finalement, c’était plus intéressant pour moi je m’installer en 2019. Il faut saisir la bonne opportunité, mais il faut se lancer !

Pendant le parcours et les formations, il ne faut pas hésiter à poser des questions, à solliciter les personnes qui sont là pour ça. Il ne faut pas rester avec ses doutes, il n’y a pas de question bête !