Mais où vont les marges générées tout au long de la chaîne alimentaire ?

L’Observatoire a rendu sa copie pour la 6ème année consécutive, sans montrer d’amélioration dans la répartition des marges en faveur de la production, largement délaissée au profit des autres acteurs de la chaîne alimentaire.

Sur 100€ dépensés par un consommateur dans les rayons alimentaires, seulement 6,2€ reviennent à l’agriculteur : c’est ce que nous apprend cette année l’Observatoire de la formation des prix et des marges. Pourtant, ni les industriels, ni la grande distribution ne changent leur fusil d’épaule : c’est toujours vers plus de guerre des prix, de dissimulation des marges, d’opacité des résultats que nous allons.

Sous prétexte de « défense du pouvoir d’achat des consommateurs », les producteurs, eux, ne peuvent même pas couvrir leurs coûts de production. Industriels et grande distribution sont responsables de la difficulté économique dans laquelle nous sommes. Comment un jeune agriculteur, récemment installé et endetté pour moderniser son exploitation peut-il s’assurer une bonne santé économique et de visibilité à court terme ? C’est impossible dans ce contexte. Prenons l’exemple du lait en 2016. Sur 1L UHT demi-écrémé vendu en GMS : 1 cts de plus à la consommation se traduit par 5 cts de moins pour l’agriculteur (payé à 24 cts), 3 de plus pour l’industriel, 3 de plus pour la GMS.

L’organisation de l’offre est le principal chantier de travail pour la profession : se regrouper pour peser davantage dans les négociations commerciales et défendre un prix juste est la seule issue pour survivre à cette guerre des prix.

Parallèlement, nous devons mettre en place des outils de contractualisation efficaces. « Nous le répétons, la contractualisation collective doit être largement généralisée pour sécuriser les marges des producteurs et pour gagner en visibilité sur nos débouchés » explique Jérémy Decerle, Président de Jeunes Agriculteurs. La mise en place de contrats permettrait aux agriculteurs d’obtenir un engagement sur une durée et une quantité tout en minimisant les effets destructeurs de la volatilité des cours et donc en donnant une meilleure visibilité sur les prix de vente. Quoi de plus efficace pour des relations commerciales saines, transparentes et durables ?