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Mieux transmettre les exploitations pour renouveler les générations d’agriculteurs

Du 30 janvier au 1er février, 140 responsables du syndicat Jeunes Agriculteurs se sont réunis à Sète (Hérault) pour réfléchir aux solutions favorisant la transmission des exploitations agricoles : anticiper les projets et accompagner les cédants, au même titre que pour les installations, sont des clés pour assurer le renouvellement des générations d’agriculteurs.

Dans un contexte où seuls deux départs à la retraite sur trois sont compensés par des installations, où le nombre d’exploitations a été divisé par deux en 20 ans au profit de l’agrandissement (la superficie moyenne a augmenté de 8% entre 2010 et 2013), la transmission est un enjeu fondamental pour assurer le renouvellement des générations d’agriculteurs.

Parmi les principaux freins relevés chez les jeunes : les difficultés d’accès aux capitaux et au foncier, ainsi que le manque de disponibilité financière pour faire face aux aléas. Si les freins économiques existent chez les cédants, la dimension affective peut parfois primer : certains peuvent être peu enclins à voir leur exploitation évoluer vers de nouvelles pratiques ou de nouvelles activités et préférer céder leur exploitation au profit d’un projet agrandissement.

L’anticipation permettrait de lever ces freins : dès son installation, le porteur de projet doit être préparé à passer à son tour le flambeau. Du point de vue des cédants, c’est l’accompagnement qui est déterminant, en plus d’incitations fiscales à mettre en place. Préparer l’avenir doit être un choix encouragé et soutenu par l’Etat et l’ensemble des acteurs des territoires (collectivités, chambres d’agricultures, coopératives, Safer, etc.), de façon coordonnée.

Pour Jérémy Decerle, Président de Jeunes Agriculteurs, « La transmission doit être accompagnée au même titre que l’installation, avec des dispositifs d’accompagnement humain et financier. Encore trop peu d’outils existent aujourd’hui pour inciter les cédants à laisser la place aux jeunes plutôt qu’à l’agrandissement. Encourager la transmission à des jeunes, c’est aussi préserver notre modèle d’agriculture familial. »

Faciliter le passage de relai de génération en génération assurera l’avenir de nos assiettes et des territoires ruraux !

MERCOSUR : ¡ No Pasarán !

Les propos du Président de la République du 25 janvier dernier, qu’il a confirmés hier soir, sont clairs : la France et l’Union européenne se préparent à lâcher l’agriculture dans la négociation en cours sur le Mercosur. Toutes les lignes rouges sont franchies : économiques, sanitaires et environnementales.

Sur le plan économique : le sacrifice de la filière bovine est une évidence. Le MERCOSUR représente déjà les trois quarts des importations de boeuf de l’UE. Les producteurs de ces pays sont extrêmement compétitifs et exportent malgré l’application des droits de douane prévus par l’OMC. Nos producteurs ne pourront pas lutter ! Et le secteur bovin n’est pas le seul sacrifié. Le chef de l’Etat a oublié de mentionner le poulet brésilien, la viande porcine, le sucre ou l’éthanol… Déjà, 4 poulets sur 10 consommés en France sont importés, et en priorité dans la restauration collective.

Le Président de la République nous offre comme lot de consolation l’accord avec la Chine, la Turquie ou le Japon : ça n’est pas acceptable, ça n’est pas suffisant ! Ouvrir des marchés aux industriels OUI, encore faut-il que ceux-ci saisissent ces opportunités ; ce qui est loin d’être le cas. Comment le gouvernement peut-il ignorer à ce point la situation dramatique des producteurs en leur enfonçant un peu plus la tête sous l’eau ?

Quant à la stratégie défensive proposée en promouvant l’indication de l’origine France : le Président sait-il que l’obligation d’étiquetage pour les produits laitiers et les produits carnées est encore en phase d’expérimentation soumise à l’évaluation de la Commission en 2019 ? Quelle sorte de stratégie défensive consiste à ouvrir les portes avant de consolider les murailles ?

Et quel mensonge auprès des consommateurs et des citoyens ! Quel marché de dupe pour les agriculteurs ! Comment peut-on promouvoir l’engagement dans la transition écologique en France, une sécurité sanitaire irréprochable et « en même temps » autoriser des importations de produits dont les méthodes de production sont interdites en France ! Il n’est pas prévu dans l’accord le respect des mêmes conditions de production entre les deux pays : l’Etat le sait très bien.

Nous, Agriculteurs, nous en appelons aux Citoyens, aux Consommateurs, aux Elus locaux sur ces contradictions, ces incohérences, ces insincérités, sources de dangers et destructeurs d’emplois dans les territoires. Nous ne laisserons pas passer des produits qui ruinent nos efforts, nos territoires, et nos filières.

Comité de suivi des relations commerciales : Constat d’impasse

Au cours du comité de suivi du 19 janvier, co-présidé par Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, et Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, la démonstration a été faite que malheureusement rien n’a changé en matière de négociations commerciales.

Tous les acteurs avaient pourtant pris des engagements dans le cadre de la Charte « de bonne conduite » signée le 14 décembre dernier. Preuve à l’appui, les distributeurs les ont vite oubliés.

Les niveaux de promotions constatés démontrent que même la loi actuelle n’est pas respectée : ni l’interdiction de revente en perte, ni la limitation des promotions actée par la loi Sapin II. Ils organisent une véritable braderie des produits agricoles : des côtes de porc à 1,77 €/kg, du lait bio à 67 centimes d’euros le litre, ou des pommes de terre à 11 centimes le kilo. Comment dans ces conditions le consommateur peut-il s’y retrouver, et avoir une quelconque idée de la valeur de l’alimentation quand tout n’est que promotions et rabais ?

Concernant les négociations commerciales en cours, la DGCCRF a établi devant les deux ministres un constat accablant : demande de déflation systématique des enseignes, aucune rémunération de la montée en gamme, seuil de revente à perte non respecté… En synthèse, les négociations commerciales se passent encore plus mal que l’an dernier ! Cela ne peut plus durer !

Pourtant, le Président de la République avait clairement affirmé le 11 octobre que « la guerre des prix ne fait que des perdants ». Combien encore d’agriculteurs en difficulté, de PME pressurisées, pour que la grande distribution prenne enfin conscience que sans partenariat gagnant-gagnant c’est toute la chaîne qui perd de la valeur ajoutée et qui enregistre des faillites à tour de bras ?

Nous en appelons au gouvernement pour qu’il fasse respecter les engagements de la charte par chacun des acteurs. Nous sommes prêts à appeler nos réseaux à aller faire la « police » des prix dans les magasins, comme c’est déjà le cas spontanément dans certains départements.

Nous demandons une loi contraignante et ferme, qui applique en cas d’infraction des sanctions dissuasives.

C’est la condition du succès des plans de filière et de l’alimentation de qualité qu’attendent les Français.

Rencontre avec Emmanuel Besnier : la FNSEA, JA et la FNPL obtiennent des engagements pour les producteurs

Rencontre avec Emmanuel Besnier : la FNSEA, JA et la FNPL obtiennent des engagements pour les producteurs Emmanuel Besnier, le PDG du groupe Lactalis à l’origine d’une grave crise sanitaire, suite à une contamination à la salmonelle de lait infantile produit dans son usine de Craon, a répondu hier, en personne, à la demande d’explications du syndicalisme agricole FNSEA, JA et FNPL.

Face aux nombreuses zones d’ombre qui entachent cette affaire dramatique car touchant à la santé de nourrissons, FNSEA, JA et FNPL ont demandé au PDG de Lactalis de leur parler en toute transparence. Accepter un dialogue franc et direct avec Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, Jérémy Decerle, président de JA et Thierry Roquefeuil, président de la FNPL est un signe fort de la volonté du PDG de rompre avec la culture du secret.

Le premier groupe mondial laitier ne peut déroger à cette exigence de transparence au regard de l’ampleur de cette crise. Il est indispensable que le groupe apporte des réponses aux interrogations légitimes des parents victimes, des citoyens et des fournisseurs de l’entreprise (les producteurs de lait).

Le modèle laitier à la française avec des fermes familiales (60 vaches en moyenne), ancrées sur tout le territoire, en phase avec les attentes sociétales, est celui qui a permis à Lactalis de bâtir le premier groupe mondial laitier et d’asseoir sa réputation. Cette crise risque d’entacher la bonne image des produits alimentaires français et d’entamer le capital confiance de l’entreprise. Les éleveurs laitiers, dont la responsabilité est écartée, n’ont pas à en subir les dommages collatéraux.

FNSEA, JA et FNPL ont obtenu des engagements d’Emmanuel Besnier pour les 10 000 producteurs de lait livrant à Lactalis : ils ne payeront pas la facture de cette crise sanitaire et la collecte sera maintenue.

Lactalis a assuré à la FNSEA, aux JA et à la FNPL que tout est mis en oeuvre pour identifier les causes de la défaillance et y remédier dans les meilleurs délais. C’est à cette condition que de futures crises pourront être évitées.

Le syndicalisme sera vigilant sur le respect de ces engagements. Il exige aussi que toute la lumière soit faite sur la responsabilité des différents acteurs économiques tout au long de la chaîne de commercialisation, mais aussi de l’Etat dans le cadre de l’enquête en cours.

Poudres de lait infantiles contaminées : la FNSEA, Jeunes Agriculteurs et la FNPL convoquent Emmanuel Besnier à venir s’expliquer

La FNSEA, Jeunes Agriculteurs et la FNPL demandent que toute la lumière soit faite dans la grave crise sanitaire qui touche à la santé des nourrissons suite à la contamination à la salmonelle de lait infantile en provenance de l’usine Lactalis de Craon.

Le sujet est trop grave pour laisser s’installer cette impression de cafouillages en cascade de l’entreprise à l’origine de cette crise, des distributeurs, qui ont visiblement fait preuve de beaucoup de laxisme dans l’opération de retrait imposée. On peut regretter la diminution des moyens des services de contrôle de la DGCCRF censée garantir la sécurité alimentaire de chaque citoyen.

L’urgence est de préserver la santé des nourrissons en s’assurant qu’aucun produit à risque ne soit mis en vente en magasin ou en pharmacie.

Il faut trouver de réelles explications et établir les responsabilités afin qu’une telle situation ne puisse jamais se reproduire.

La transparence est un gage de sécurité sanitaire. C’est pourquoi la FNSEA, Jeunes Agriculteurs et la FNPL ont décidé de convoquer Emmanuel Besnier, le PDG du groupe Lactalis à venir s’expliquer devant eux.

Les effets dévastateurs de cette crise sur la réputation d’excellence du modèle agricole et agroalimentaire français ne doivent pas pénaliser, a posteriori, les éleveurs laitiers déjà fortement malmenés par deux années de crise.

Le monde agricole français n’a pas à payer la facture d’une crise dont il n’est pas responsable. Emmanuel Besnier doit apporter des réponses et donner des assurances aux producteurs français sans qui il n’aurait jamais réussi à bâtir le premier groupe laitier mondial.

Plans de filière : les interprofessions doivent avoir plus d’ambition

Lors de son intervention à Rungis le 11 octobre dernier, en clôture du chantier 1 des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA), le Président de la République a demandé que les acteurs des filières agricoles et alimentaires présentent des « plans de filière » pour le 10 décembre 2017. A mi-parcours des travaux, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs souhaitent réaffirmer les attentes fortes des agriculteurs dans ces plans de filière.

Le Gouvernement a souhaité que ces plans soient ambitieux en termes d’objectifs sur la quadruple performance économique, environnementale, sociale et sanitaire, et il a confié aux interprofessions le soin de les élaborer.

Les producteurs s’engagent pleinement dans la segmentation des marchés pour mieux répondre aux différentes attentes des consommateurs et des citoyens, au marché de la restauration hors foyer, et aussi à la demande internationale. Cette amélioration de l’offre alimentaire, souhaitée par tous, doit bien évidemment s’accompagner de création de valeur et d’une meilleure répartition de celle-ci entre les acteurs de la chaîne alimentaire, conformément aux conclusions du chantier 1 des EGA et à la « Charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises » signée par 18 organisations ou entreprises, le 14 novembre. Nous attendons donc que l’ensemble des acteurs prenne ses responsabilités pour aller dans le même sens.

Cependant, JA, FNSEA et ses associations spécialisées constatent à ce stade un manque de volonté manifeste de certains acteurs de l’aval, dans certaines filières, d’avancer sur la partie économique : répartition de la valeur, gestion de la volatilité des prix, investissements dans l’amont. Les réseaux JA et FNSEA attendent beaucoup de ces plans de filière qui doivent définir une vision stratégique ambitieuse, réaliste et lisible. Les interprofessions doivent prouver qu’elles sont capables de fixer un cap pour structurer leur filière, qu’elles sont à la hauteur des enjeux.

Les agriculteurs veulent bien prendre leurs responsabilités mais ils ne se contenteront pas de « coquilles vides », de déclarations d’intentions, de guides de bonnes pratiques, ni même de « groupes de travail » sur la contractualisation.

Pour une politique agricole véritablement commune

Le 29 novembre, la Commission européenne a présenté son projet pour la future PAC, qui tendrait vers une nationalisation des politiques, au détriment d’une véritable stratégie commune pour assurer un modèle d’agriculture familial et permettre de renouveler les générations d’agriculteurs.

Jeunes Agriculteurs partage plusieurs des objectifs présentés, parmi lesquels assurer la résilience des exploitations, cibler les aides vers les « véritables agriculteurs » et la priorité donnée au renouvellement des générations de paysans.

Cependant, l’on ne peut que regretter la méthode : la Commission présente les modalités d’application avant de parler du fond, et se contente de lister les mesures avant de fixer l’ambition. Avant de discuter des plans nationaux, co-financements du premier pilier, subsidiarité, parlons de la stratégie ! Dans cette période d’incertitude budgétaire, l’Union européenne doit prévoir un budget, et donc d’abord un projet à la hauteur des enjeux ! Demain, les agriculteurs doivent être encore nombreux sur les territoires pour fournir une alimentation de qualité aux consommateurs européens. Sinon, qui les nourrira et comment ?

D’autant que le signal envoyé est celui d’une volonté de nationaliser les politiques, dégageant la responsabilité sur les Etats membres, au détriment d’une véritable stratégie commune. Le souhait de moderniser la PAC (et visiblement de faire des économies !) ne doit pas remettre en cause le principe fondateur de la Politique agricole commune.

Les risques de nationalisation sont nombreux : distorsions de concurrence, baisse drastique des soutiens dans les Etats membres aux finances publiques déjà fragiles, et, au final, la disparition d’agriculteurs. Alors que l’Union européenne a déjà perdu une ferme sur quatre en dix ans, que la financiarisation de l’agriculture et l’accaparement du foncier avancent à grands pas, il est plus que temps de réaffirmer une ambition forte et partagée pour la PAC !

La politique agricole commune doit être un levier pour favoriser le modèle d’agriculture familial sur tous les territoires, où les femmes et les hommes, nombreux, sont maîtres de leur outil de production, où les exploitations se transmettent au lieu de s’agrandir. La PAC doit favoriser la résilience des fermes en promouvant la mise en place de véritables stratégies de filières, permettant de sécuriser durablement le revenu des paysans et par là même la qualité de l’alimentation.

A la suite du document de positions publié en 2016, Jeunes Agriculteurs publiera le 20 décembre des propositions consolidées, pour que la prochaine PAC soit véritablement au service des agriculteurs et des consommateurs.

Le contrôle des structures des exploitations agricoles en danger

Le projet de loi pour la simplification et le droit à l’erreur présenté hier en Conseil des ministres change de nom : il se nommera désormais projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance. La confiance est cependant quelque peu mise à mal, puisqu’en matière agricole, le Gouvernement propose d’expérimenter la suppression d’un des seuls contrôles qui fait l’unanimité des syndicats agricoles : le contrôle des structures !

Outil majeur de la politique foncière agricole, le contrôle des structures est un rempart contre la spéculation sur les terres agricoles et l’agrandissement des exploitations à outrance. C’est un des leviers fondamentaux de la politique d’installation des jeunes en agriculture : faire de la place pour les nouveaux entrants pour maintenir une agriculture riche, diversifiée, variée et durable.

Le Gouvernement propose une expérimentation de la suppression du contrôle des structures dans certaines régions et départements. Ce n’est pas une logique de simplification ou d’utilité publique qui préside, mais une logique d’économies budgétaires. Jeunes Agriculteurs s’étonne donc de cette proposition et demandera sa suppression par les parlementaires.

Les installations de jeunes hors du cadre familial représentent presque 1/3 de l’ensemble des installations. En 2015, 15 100 nouveaux chefs d’exploitations se sont installés, dont 9 250 de moins de 40 ans[1]. Comment maintenir une telle proportion et un tel nombre d’installations si la politique des structures des exploitations agricoles est démantelée ? Comment le ministre de l’Agriculture peut-il tolérer une telle mesure ? Comment le Gouvernement qui dit soutenir la création d’activité peut-il ainsi mutiler la politique agricole de renouvellement des entreprises ?

A l’heure où les dérives se multiplient en matière foncière (accaparement, captation du foncier par des fonds d’investissement) et que les consommateurs réclament de plus en plus de produits issus d’une agriculture à taille humaine, on ne peut tolérer une politique des firmes détruisant une politique des fermes.

Retour sur la manifestation du 25 novembre 2017 à Moulins

Si nous avons décidé de mener une action le Samedi 25 Novembre 2017 c’est pour exprimer notre Ras-le bol et le malaise qu’il y a en agriculture en ce moment.

Notre action était basée sur la communication envers le grand public et nos élus. L’objectif était d’exprimer notre ras-le-bol général et montrer que nous sommes toujours présents pour défendre l’agriculture ! Nous voulions sensibiliser le consommateur et être repris par les médias et les réseaux sociaux. C’est chose faite. Un grand merci à tous ceux qui ont bravé le froid samedi.

Nous avons d’abord commencé par poser un grand panneau sur l’enseigne d’Intermarché, indiquant qu’Intermarché est « transformateur et commerçant » pas producteur ! il faut arrêter cette publicité mensongère.

Puis nous nous sommes dirigés vers le pont Regemortes. Nous avons accroché des pantins au lampadaires, ainsi que des panneaux exprimant nos revendications, sans bloquer la circulation. Pendant ce temps, des équipes distribuaient des tracts expliquant notre position vis-à-vis du CETA et du Mercosur aux automobilistes et l’urgence à réagir.

Ensuite nous nous sommes dirigé vers Leclerc à Avermes pour échanger avec les consommateurs. Dans un godet d’un tracteur, nous avons exposé des produits de base type pâtes, farine, œufs, lait, viande, pommes de terre et avons affiché la différence entre les prix relevés en rayon et les prix payés aux producteurs à la sortie de l’exploitation. Beaucoup nous on soutenus dans notre démarche, et tous ont été surpris des écarts de prix présentés. A la fin de cette opération de communication réussie, nous avons donné les produit à la banque alimentaire qui était présente ce jour-là à Leclerc.

Alors que la phase 1 des Etats Généraux de l’Alimentation se termine, il n’y a pour le moment aucune avancée visible. On nous avait dit que les choses s’arrangeraient avec les EGA, mais la confiance n’y est plus. Certes le travail est fait et le syndicalisme agricole a bien été écouté, mais ça ne change rien, l’Etat veut porter des filières du style « éleveurs et engagés » qui part de coût rémunérateurs payé à l’éleveur mais ça ne décolle pas vraiment car c’est encore une fois les abatteurs et les GMS qui font la pluie et le beau temps au niveau des prix….

Comble de l’ironie, le CETA ! UE à signé cet accord qui menace directement l’élevage car il prévoit l’importation de 70000 tonnes de viandes bovine. Hors le Canada n’est pas soumis aux mêmes règles de production que la France ! Les farines animales ainsi que 46 molécules interdites en France peuvent être utilisés dans leurs processus de production. Cet accord représente un danger pour la santé, l’environnement, le bien être animal et la sécurité alimentaire. Ouvrir les frontières à de tels produits à l’heure ou les exigences sont toujours plus fortes vis-à-vis des agriculteurs français et d’une injustice et d’une hypocrisie totale ! Les productions agricoles ne sont pas des marchandises comme les autres, c’est pourquoi nous demandons qu’elles soient exclues des négociations internationales !

Comment assurer le renouvellement des générations en agriculture dans un tel contexte ? Stop aux distorsions de concurrence et aux incohérences politiques, nous en avons ras-le-bol.
Dans la continuité de cette action, nous rencontrons le Préfet mardi 28 novembre, pour lui faire par de nos revendications.

Il est temps de dire la vérité !

La phase 1 des Etats Généraux de l’Alimentation se termine avec la signature d’une charte d’engagement sur la répartition de la valeur signée entre tous les acteurs dans l’attente d’une loi, voire d’ordonnances ; la phase 2 bat son plein avec de nombreuses réflexions et propositions pour « une montée en gamme » de l’agriculture et de l’alimentation française.

Et dans le même temps, deux traités internationaux – le CETA et le MERCOSUR – auront des conséquences et des impacts catastrophiques pour l’agriculture de notre pays. En effet, OUVRIR nos frontières à des produits alimentaires dont les vertus sociales et environnementales sont loin de nos standards, n’est ni une stratégie, ni une politique, mais juste un aveuglement que nous payerons très cher !

Au moment où l’Etat veut « tout » contrôler, normer, taxer et interdire en Agriculture, comment comprendre qu’il accepte n’importe quoi qui vienne de n’importe où ! Il est temps de dire la vérité à nos concitoyens et à l’ensemble du pays car nous revendiquons le droit à la transparence pour les consommateurs et l’égalité des chances pour les paysans français.

Sur la base de deux objectifs, nous appelons à une forte mobilisation syndicale début décembre sur l’ensemble du territoire. D’ailleurs, dès la semaine prochaine, la Fédération Nationale Bovine (FNB) sera en actions. Entre revendications envers ceux qui ne disent pas la vérité et pédagogie à l’égard de ceux à qui on la cache, nous souhaitons montrer les risques considérables de traités internationaux négociés de façon hors sol. A qui profite ces traités ? Sûrement pas aux producteurs !

Les enjeux stratégiques de l’agriculture et de la sécurité alimentaire sont trop importants pour ne pas réagir. Le Président de la République, le Gouvernement, les députés et les sénateurs, l’ensemble des élus doivent l’entendre et surtout agir. L’Etat ne peut rester insensible à un secteur qui représente 15% des actifs et 9 milliards à l’export.